Dans une correspondance datée du 4 février 2026 et adressée au ministre de la Justice et de la Sécurité publique, l’Association Nationale des Greffiers Haïtiens annonce un arrêt de travail national de quatre jours afin d’exiger la régularisation de primes et allocations restées impayées depuis plusieurs mois.
Dans cette lettre signée par son président, Me Martin Ainé, l’ANAGH rappelle avoir déjà attiré l’attention des autorités sur cette situation à travers une note en date du 11 janvier 2026. L’association dit constater, « avec regret », que le malaise persiste « sans régularisation ni justification satisfaisante ».
Selon la correspondance, depuis le mois d’octobre dernier, les greffiers n’ont perçu aucune des prestations auxquelles ils ont régulièrement droit. Il s’agit notamment « des chèques de primes versés habituellement, de la carte de débit autonome non encore remise à disposition, des allocations d’étude scolaire ainsi que des allocations liées aux fêtes de fin d’année ». Une situation que l’ANAGH qualifie de « rupture manifeste d’égalité de traitement » au sein de l’appareil judiciaire.
L’association souligne que ces manquements interviennent alors même que les greffiers continuent d’assurer le bon fonctionnement du service public de la justice, souvent « dans des conditions particulièrement difficiles ».
Face à l’absence de réponse jugée satisfaisante à ses démarches antérieures, l’ANAGH informe le ministère que « les greffiers de toutes les juridictions de la République observeront un arrêt de travail le lundi 9, mardi 10, mercredi 11 et jeudi 12 février 2026 ». Ce mouvement vise, précise la lettre, à « manifester leur désaccord et appeler à l’urgence de régulariser le versement des primes ».
Tout en rappelant son attachement au service public, l’association invoque la Constitution pour justifier son action. « Le droit de grève est reconnu par la Constitution comme un moyen légitime pour défendre les droits du personnel », souligne-t-elle, en particulier lorsque sont concernés des agents « qui assurent un service public vital ».
L’ANAGH prévient toutefois que cet arrêt de travail pourrait déboucher sur une mobilisation plus radicale si aucune solution concrète n’est apportée. « À défaut d’une régularisation immédiate et complète des primes et allocations dues, l’Association se verra dans l’obligation de déclencher une grève définitive », avertit-elle.








