La crise haïtienne s’est invitée au centre des discussions de l’Assemblée parlementaire UE–Caribe, qui se tient actuellement à Antigua-et-Barbuda. Selon des informations rapportées par le journal dominicain Listín Diario le mardi 16 février, le Premier ministre d’Antigua-et-Barbuda, Gaston Browne, a appelé l’Union européenne à renforcer son soutien en faveur d’Haïti, estimant que la situation du pays constitue un défi régional majeur.
Intervenant devant les délégués réunis dans le cadre de cette rencontre parlementaire, Browne a plaidé pour un élargissement du partenariat entre la Caraïbe et l’Europe. À ses yeux, les relations entre les deux blocs ne devraient pas se limiter au commerce et aux investissements. Elles doivent, au contraire, intégrer une dimension stratégique englobant la sécurité multidimensionnelle, la stabilité institutionnelle et la gouvernance.
« Pour les petits États, le droit international n’est pas optionnel, il est existentiel », a déclaré le chef du gouvernement d’Antigua-et-Barbuda, soulignant que la crise haïtienne rappelle que la sécurité et la gouvernance ne peuvent être abordées de manière isolée. En d’autres termes, la fragilité d’Haïti a des répercussions bien au-delà de ses frontières et interpelle l’ensemble de la région caribéenne.
Gaston Browne a réaffirmé l’engagement de la Communauté des Caraïbes (Caricom) en faveur d’une solution haïtienne portée par les Haïtiens eux-mêmes, mais appuyée par un engagement international solide. Il a insisté sur la nécessité de maîtriser la situation sécuritaire afin de mettre fin aux souffrances de la population et de créer les conditions indispensables à la tenue d’élections libres et justes, prélude au rétablissement complet des institutions démocratiques.
L’appel de Browne intervient alors qu’Haïti traverse une nouvelle phase politique. À la suite de la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition, Alix Didier Fils-Aimé prend les commandes du pays avec le conseil des ministres. Cette transition survient près de deux ans après la formation du CPT, mis en place en avril 2024 à la suite de la démission de Ariel Henry.
Au-delà du cas haïtien, Browne a également proposé la création d’un mécanisme consultatif permanent entre la Caraïbe et l’Union européenne, qui se réunirait au moins deux fois par an afin de coordonner les positions régionales. Il a souligné que la coopération devrait couvrir des domaines tels que la sécurité alimentaire, la sécurité énergétique, la santé publique et la lutte contre la criminalité transnationale, autant d’enjeux qui, selon lui, conditionnent la stabilité des petits États insulaires.
La réunion de trois jours, coprésidée par Malik Azmani du Groupe Renew Europe et par le vice-président du Parlement jamaïcain Heroy Anthony Clarke, témoigne de la volonté de renforcer le dialogue politique entre les deux espaces. Mais, à travers les propos rapportés par Listín Diario, il apparaît clairement que la situation d’Haïti occupe une place prioritaire dans l’agenda caribéen.








