Le processus électoral connaît un nouveau retard. Le Conseil Électoral Provisoire (CEP) accorde désormais jusqu’au 31 octobre 2026 aux candidats pour s’inscrire en ligne et déposer les pièces nécessaires à leurs dossiers. Dans le même temps, le budget 2026-2027 prévoit 8,6 milliards de gourdes pour les dépenses liées à l’organisation des élections et au financement des activités des partis politiques. Alors que le 13 décembre 2026, initialement retenu pour le scrutin, n’est désormais plus tenable au regard du nouveau calendrier.
La décision a été annoncée par l’organe électorale dans un communiqué daté du lundi 5 octobre 2026, après des consultations avec les différents acteurs politiques trois jours avant. Elle fait également suite à l’adoption de modifications au décret électoral en Conseil des ministres. La campagne électorale est elle aussi repoussée, sans qu’une nouvelle date ait encore été annoncée.
Le CEP doit maintenant réaménager les étapes qui doivent conduire aux scrutins. Un nouveau programme sera publié une fois les ajustements effectués. Pour l’exercice 2026-2027, les crédits consacrés aux activités électorales sont supérieurs de 2,7 milliards de gourdes à ceux prévus dans le budget rectificatif 2025-2026, qui s’élevaient à 5,9 milliards.
Cette enveloppe doit notamment permettre de financer la logistique, la sécurité des opérations et la communication autour des élections. Elle doit aussi contribuer au fonctionnement des organismes et des équipes mobilisés pour préparer le scrutin.
Les candidatures continuent d’affluer
Le report des échéances n’a pas empêché les candidats de poursuivre leurs démarches. Jusqu’à ce mardi 6 octobre, 12 candidatures sont enregistrées pour la présidence, 265 pour le Sénat et 843 pour la députation.
Pour les élections locales, la plateforme du CEP fait état de 607 candidats à la mairie, 650 au CASEC et 360 à l’ASEC. Le délai supplémentaire accordé jusqu’au 31 octobre permet aux candidats et aux partis de finaliser leurs dossiers.
Le 13 décembre perd sa place dans le calendrier
Le premier tour des élections générales qui devait se tenir le 13 décembre prochain. Avec le report de la campagne et le décalage des opérations préparatoires, cette date reste désormais incertaine. Le précédent calendrier prévoyait un premier rendez-vous électoral le 13 décembre 2026. Les électeurs devaient alors choisir le président de la République et les parlementaires, en plus de se prononcer sur le référendum constitutionnel.
Un deuxième passage aux urnes était fixé au 21 février 2027 pour le second tour de la présidentielle et des législatives. Les élections des collectivités territoriales devaient également se tenir à cette date, avec des résultats définitifs attendus le 7 mars 2027.
Les prochaines annonces du CEP permettront de savoir quand les différents scrutins pourront se tenir. En attendant, les candidats, les partis politiques et les électeurs restent dans l’attente d’une nouvelle feuille de route pour que le pays dispose de nouveaux élus.
Cette situation s’inscrit aussi dans un contexte sécuritaire très difficile dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, ainsi que dans les départements de l’Artibonite et du Centre. Dans plusieurs zones de ces territoires, l’insécurité complique les déplacements, les activités publiques et le fonctionnement des institutions, alors qu’elles restent exclues du scrutin d’après le Conseil Électoral Provisoire.
Et maintenant ?
Rappelons-le qu’Haïti n’a plus organisé d’élections générales depuis 2016. Depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021, aucun nouveau chef de l’État n’a été élu au suffrage universel. Le Parlement est caduc depuis plus de cinq ans, tandis que le vide institutionnel se prolonge dans une transition dont la durée reste indéterminée.
La question reste donc entière : quand les Haïtiens pourront-ils se rendre aux urnes ? Pour l’heure, la date du prochain scrutin demeure suspendue aux prochaines annonces du CEP. Jusqu’à quand faudra-t-il attendre les urnes ?
La Rédaction







