Le gouvernement haïtien veut empêcher que des marchandises provenant de pays tiers et destinées à Haïti transitent par la République dominicaine avant d’entrer sur le marché national. Dans une circulaire datée du 30 septembre 2026, le Ministère de l’Économie et des Finances (MEF) demande à l’Administration Générale des Douanes (AGD) de renforcer les contrôles pour lutter contre la fraude douanière et les trafics illicites.
Désormais, ces marchandises doivent être acheminées directement vers les ports maritimes ou les aéroports internationaux d’Haïti. Elles devront y être déclarées auprès des services douaniers, contrôlées et soumises au paiement des droits et taxes prévus par la loi.
Le MEF entend ainsi éviter que le territoire dominicain serve de point de transit ou de transbordement pour contourner les contrôles douaniers haïtiens. La mesure ne concerne pas les marchandises légalement produites en République dominicaine.
Selon la circulaire, ces produits peuvent continuer à entrer en Haïti par les points de passage terrestres officiellement autorisés, dans le respect des règles commerciales et douanières en vigueur. Le ministère demande à l’AGD de travailler avec les forces de sécurité et les autres autorités compétentes pour renforcer la surveillance aux frontières.
Il entend ainsi limiter les fraudes, lutter contre les trafics illicites et mieux protéger les recettes de l’État. Les contrevenants s’exposent aux sanctions administratives et pénales prévues par le Code douanier et les autres textes applicables, précise le document signé par le titulaire du Ministère de l’Économie des Finances, Serge Gabriel Collin.
Pour les autorités gouvernementales, le contrôle direct des marchandises dans les ports et aéroports haïtiens doit permettre de mieux vérifier les déclarations et de s’assurer du paiement des droits et taxes. Le ministère estime également que cette mesure peut contribuer à empêcher l’entrée clandestine de produits illicites, notamment d’armes et de munitions.
A rappeler que dans un rapport consacré à la situation en Haïti, le Groupe d’experts de l’ONU avait signalé le détournement de munitions provenant de stocks dominicains. En 2026, les experts ont recensé plusieurs types de munitions détournées, notamment celles utilisées par le gang 400 Mawozo, actif près de la frontière entre les deux pays.
Le rapport indique également qu’en décembre 2025, un sous-lieutenant de l’armée dominicaine avait été arrêté dans la province de San Juan de la Maguana avec un ressortissant haïtien. Les deux hommes transportaient 1 516 cartouches à moto. L’affaire était toujours en cours au moment du rapport. Le Groupe d’experts précise toutefois que les autorités dominicaines n’avaient officiellement signalé aucune violation de l’embargo sur les armes sur leur territoire pendant la période étudiée.
La Rédaction







