Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé ce jeudi 5 mars la révocation de sa ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, figure centrale de la politique migratoire de son administration. La décision a été rendue publique sur le réseau social Truth Social.
Dans son message, le chef de l’exécutif américain a précisé que Kristi Noem serait remplacée par le sénateur républicain de l’Oklahoma, Markwayne Mullin, qui doit officiellement prendre ses fonctions le 31 mars prochain. Donald Trump a toutefois tenu à saluer le travail de la ministre sortante, affirmant qu’elle avait servi « avec dévouement » et obtenu « de nombreux résultats remarquables », notamment dans la gestion de la frontière.
Selon le président américain, Kristi Noem ne quittera pas totalement l’appareil gouvernemental. Elle a été nommée envoyée spéciale pour le « Bouclier des Amériques », une nouvelle initiative sécuritaire que l’administration Trump doit présenter officiellement samedi à Doral, en Floride. Cette réaffectation suggère une volonté de maintenir l’ancienne ministre dans le dispositif stratégique de la politique sécuritaire américaine, tout en procédant à un changement de leadership au sein du Département de la Sécurité intérieure (DHS).
Le futur titulaire du poste, Markwayne Mullin, est un sénateur républicain connu pour son soutien affirmé à Donald Trump. Originaire de l’Oklahoma, il est également présenté par le président américain comme le seul Amérindien actuellement siégeant au Sénat. Ancien combattant professionnel de MMA invaincu, Mullin s’est progressivement imposé comme une figure loyale de la majorité républicaine au Congrès.
Cette réorganisation intervient dans un contexte de fortes tensions politiques autour de la politique migratoire de l’administration Trump. Kristi Noem avait récemment été auditionnée par le Congrès, où elle a dû répondre aux critiques concernant les méthodes des agents fédéraux de l’immigration. Plusieurs élus démocrates ont dénoncé des pratiques jugées agressives et controversées lors des opérations menées par le DHS dans différentes villes américaines.
Lors de cette audition devant une commission judiciaire du Sénat, le sénateur démocrate Dick Durbin a vivement attaqué la gestion du ministère sous la direction de Kristi Noem. « Sous votre direction, le ministère de la Sécurité intérieure est dépourvu de toute boussole morale et de tout respect pour l’État de droit », a-t-il déclaré, accusant également les agents fédéraux d’avoir « semé le chaos dans nos villes » par des opérations menées en tenue paramilitaire et par des arrestations fondées, selon lui, sur l’apparence ou la langue des personnes interpellées.
Ancienne gouverneure du Dakota du Sud, Kristi Noem était devenue l’une des figures emblématiques de la politique anti-immigration voulue par Donald Trump depuis son retour au pouvoir l’an dernier. Le président avait alors promis de mettre en œuvre un programme d’expulsions de migrants « sans précédent » à l’échelle nationale.
Cependant, plusieurs controverses ont progressivement fragilisé la position politique de la ministre. En janvier, elle avait suscité une vive polémique en qualifiant de « terroristes » deux Américains abattus par des agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) à Minneapolis, avant même la conclusion d’une enquête officielle. Des vidéos des incidents avaient ensuite contredit certaines versions présentées par les autorités fédérales.
Ces événements avaient déclenché une vague d’indignation à travers le pays et poussé l’administration à revoir certaines opérations fédérales anti-immigration dans le Minnesota. Dans le sillage de cette controverse, des élus démocrates de la Chambre des représentants avaient tenté, sans succès, d’engager une procédure de destitution contre la ministre.
Kristi Noem avait également été confrontée à un bras de fer judiciaire lorsqu’un juge fédéral lui avait demandé de s’expliquer sur la décision de l’administration Trump de contourner un ordre suspendant certaines expulsions vers le Salvador, en invoquant une loi d’exception datant de 1798 relative aux « ennemis étrangers ». L’administration avait finalement reconnu que cette décision avait été prise directement par la ministre elle-même.








