La page du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) se referme officiellement ce samedi, conformément aux dispositions de l’Accord politique du 3 avril 2024. À l’occasion de cette échéance, trois conseillers, Smith Augustin, Emmanuel Vertilaire et Frinel Joseph, ont publié des messages d’adieu, dressant chacun le bilan de leur engagement et esquissant leurs perspectives pour l’avenir du pays.
Dans son message sur X, Frinel Joseph a rappelé que la mission du CPT s’inscrivait dans un moment « décisif pour l’État haïtien, ses institutions et l’avenir démocratique de la Nation ». Responsable du Chantier Élections, il affirme que l’exigence populaire d’élections libres, crédibles, honnêtes et inclusives a guidé son action. Depuis août 2024, souligne-t-il, des consultations nationales, des échanges avec la diaspora, une coordination avec les institutions électorales et une coopération avec les partenaires nationaux et internationaux ont permis de poser des jalons importants, malgré un contexte sécuritaire et institutionnel particulièrement éprouvant.
Au terme de son mandat, Frinel Joseph se dit disponible pour être consulté et mettre ses compétences au service de la tenue d’élections démocratiques, tout en adressant ses vœux de succès au Conseil des ministres dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Il a, par ailleurs, exprimé sa gratitude envers le groupe de la société civile qui lui a confié cette responsabilité, affirmant l’avoir assumée « avec honneur, crédibilité, dignité et sens du devoir ».
Dans son message, Smith Augustin a remercié la population pour l’honneur de servir au plus haut niveau de l’État. Il a indiqué que la transition entrait désormais dans une nouvelle phase et a souhaité plein succès au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, appelé à conduire le processus de transition et le dialogue national vers le retour à la paix, à la sécurité et à l’ordre constitutionnel. Enseignant-chercheur et militant des droits humains, Smith Augustin annonce son retour à ses activités académiques et militantes, convaincu que l’éducation, la formation de l’esprit critique et la lutte contre l’ignorance demeurent des piliers de la reconstruction nationale.
Revenant sur les vingt-deux mois passés au CPT, il évoque des épreuves, des accusations et des campagnes de dénigrement, tout en affirmant avoir toujours privilégié la sérénité, la vérité et le respect des institutions. Chargé des affaires étrangères, il rappelle avoir porté la voix d’Haïti sur la scène internationale, notamment à l’Organisation des États Américains et lors du sommet CELAC–Union européenne, plaidant pour une coopération respectueuse de la souveraineté nationale face à une insécurité aux dimensions transnationales. Il cite également des avancées en matière d’enseignement supérieur, de recherche et d’accès à la justice. S’adressant à la jeunesse, il lance un appel à l’engagement éthique et courageux au service de l’État, concluant par un vibrant « Vive la République, vive la Nation haïtienne ».
Quant à Emmanuel Vertilaire, il a tenu à inscrire son départ dans le strict respect de la légalité républicaine. Rappelant les fondements juridiques de sa nomination et les objectifs assignés au CPT dont le rétablissement de la sécurité, la création des conditions institutionnelles pour des élections libres et le transfert du pouvoir le 7 février 2026.
M. Vertilaire reconnaît que les objectifs n’ont pas pu être pleinement atteints, malgré les efforts consentis. Fidèle à l’État de droit, il annonce se retirer « paisiblement » de ses fonctions à l’échéance du mandat, avec la conscience sereine d’avoir agi avec loyauté et sens du devoir. Cette expérience au sommet de l’État, confie-t-il, lui a permis de mesurer la complexité de la réalité socio-politique haïtienne et l’ampleur des défis structurels, institutionnels et humains qui persistent.








