Le Pérou traverse une nouvelle secousse politique majeure. Selon des informations rapportées par le quotidien canadien La Presse, le Parlement péruvien a voté mardi la destitution du président par intérim José Jeri, fragilisé par des enquêtes judiciaires et une perte progressive de soutien politique.
La motion de vacance présidentielle a été adoptée par 75 voix favorables, contre 24 oppositions et 3 abstentions. À l’issue du vote, le président par intérim du Parlement, Fernando Rospigliosi, a officiellement déclaré la vacance du pouvoir exécutif.
Âgé de 39 ans, José Jeri faisait l’objet de deux enquêtes préliminaires ouvertes en janvier par le parquet péruvien. L’une porte sur une possible intervention irrégulière dans des nominations au sein de son administration. L’autre concerne des soupçons de trafic d’influence et de favoritisme à la suite d’une rencontre discrète avec un homme d’affaires chinois ayant des intérêts économiques au Pérou.
Ces accusations ont alimenté les critiques d’une partie du Parlement, qui dénonçait une « inconduite fonctionnelle » et un manque d’aptitude à exercer les plus hautes responsabilités de l’État.
Dimanche encore, lors d’une intervention télévisée, José Jeri rejetait catégoriquement toute malversation, affirmant disposer de la légitimité morale nécessaire pour rester en fonction.
La destitution intervient dans un climat social tendu. Le Pérou, autrefois considéré comme l’un des pays les plus stables de la région, connaît une montée spectaculaire de la criminalité. Les plaintes pour extorsion ont explosé ces deux dernières années, dépassant les 25 000 cas en 2025, contre moins de 2 500 auparavant.
Cette dégradation de la situation sécuritaire a contribué à l’effritement de la popularité de José Jeri. Après un début de mandat marqué par un soutien avoisinant les 60 %, notamment en raison d’initiatives annoncées contre le crime organisé, son taux d’approbation est tombé à 37 % en février.
La crise actuelle s’inscrit dans une séquence d’instabilité politique qui dure depuis près d’une décennie. José Jeri devient le septième chef d’État à quitter le pouvoir en dix ans. Il avait lui-même succédé à Dina Boluarte, évincée dans un contexte de contestation et de violences liées au crime organisé.
Le Parlement doit désormais élire un nouveau président de l’assemblée, lequel assumera automatiquement la présidence par intérim jusqu’au 28 juillet, date d’entrée en fonction du chef de l’État qui sera élu lors du scrutin du 12 avril.







