La Police nationale d’Haïti (PNH) s’est dressé un satisfecit avec l’intégration de 2 069 policiers en un an grâce au programme P4000+, dont 394 femmes. Pourtant, ce renforcement des effectifs peine à produire des résultats tangibles dans un contexte de violences persistantes.
Plus de 1 100 morts en trois mois malgré les renforts
La PNH se félicite des résultats du programme P4000+, qui a permis de renforcer ses effectifs de plus de 2 000 policiers en un an. Toutefois, ce bilan n’a guère amélioré la situation sécuritaire du pays, marqué par plus de 1 100 morts entre juillet et début octobre.
Lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, hier, lundi 19 octobre 2026, le chef du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), Gabriel Ruiz Massieu, a dénombré environ 1 123 morts et 440 blessés entre juillet et début octobre dans des violences liées aux gangs en Haïti. Il a également signalé le déplacement de plus de 17 000 personnes au cours des trois derniers mois et appelé au renforcement des forces de sécurité ainsi qu’au déploiement complet de la Force de répression des gangs (FRG).
Ces chiffres interrogent l’efficacité des mesures prises contre les gangs armés. Malgré le recrutement de nouveaux policiers, l’insécurité persiste et plusieurs zones de la région métropolitaine de Port-au-Prince restent sous l’emprise des groupes armés.
Des recrutements qui peinent à rassurer la population
La PNH indique que les policiers des 35e et 36e promotions sont majoritairement déployés dans l’Ouest. Pourtant, ce renfort peine à se traduire par une baisse visible des violences, alors que les groupes armés continuent de semer la peur dans la capitale.
La sortie de la 37e promotion est prévue pour la fin du mois d’octobre. Mais au-delà du recrutement et du déploiement, la population reste dans l’incertitude quant à une amélioration du climat sécuritaire, avec notamment des quartiers libérés de l’emprise des gangs, des routes accessibles et des citoyens mieux protégés.
Un troisième état d’urgence en treize mois
Pour preuve, le gouvernement haïtien a décrété trois mois d’état d’urgence dans les départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Centre. Pourtant, la multiplication de ces mesures soulève des questions sur leur efficacité face aux violences des gangs armés.
En vigueur du 18 septembre au 18 décembre 2026, cette nouvelle mesure vise à répondre à la dégradation de la situation sécuritaire. Il s’agit du troisième état d’urgence décrété en treize mois. Les citoyens attendent des avancées concrètes face aux violences qui bouleversent leur quotidien.
La Rédaction















