Les Éditions du Boréal ont signé un contrat avec l’écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien pour un roman consacré aux gangs de rue en Haïti. Toutefois, sa publication est reportée sine die, alors que l’auteur fait face à des accusations de plagiat et à des soupçons d’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) pour son livre C’était ça ou mourir.
Soumis en décembre 2024, ce deuxième manuscrit était le premier texte proposé par Thélyson Orélien à la maison d’édition québécoise. À l’époque, le Boréal avait décidé de mettre le projet en attente, notamment parce que l’écrivain Dany Laferrière préparait un livre sur une thématique similaire et que son calendrier éditorial était déjà chargé.
En septembre 2025, Thélyson Orélien a soumis un autre manuscrit, C’était ça ou mourir, également présenté à la maison d’édition Leméac. Le Boréal a rapidement engagé le travail d’édition et de révision, avant de lancer l’impression du livre le 27 janvier 2026.
Depuis, la controverse autour de cet ouvrage complique les perspectives de publication du premier manuscrit de l’auteur. Renaud Roussel, codirecteur général des Éditions du Boréal, a reconnu auprès de La Presse que les faits de plagiat relevés dans les écrits de Thélyson Orélien étaient « très graves, documentés et avérés ».
« Pour nous, c’est très difficile de pouvoir aller de l’avant avec une autre publication, sans avoir des garanties de l’auteur dans les circonstances et sans discussion profonde avec lui », a déclaré Renaud Roussel. L’éditeur n’exclut pas définitivement la publication du roman, mais aucune parution n’est prévue pour le moment.
Le Boréal maintient C’était ça ou mourir en librairie
Thélyson Orélien a rejeté le mardi 12 octobre 2026,les accusations selon lesquelles il aurait utilisé l’intelligence artificielle pour écrire C’était ça ou mourir. Dans un texte transmis à l’Agence France-Presse (AFP), il a toutefois reconnu avoir plagié des auteurs dans d’autres écrits.
Deux jours plus tard, les Éditions du Boréal ont annoncé leur décision de maintenir le roman en librairie. La maison d’édition explique ne pas disposer d’éléments suffisants pour confirmer ou infirmer les allégations concernant l’utilisation de l’IA, laissant aux lecteurs le soin de se faire leur propre opinion.
La controverse n’a pas empêché le livre de poursuivre son parcours commercial. Selon La Presse, plus de 65 000 exemplaires ont été vendus en France en moins de deux mois. Malgré ce succès, le Boréal affirme que la popularité du roman ne détermine pas sa position sur une éventuelle nouvelle publication de l’auteur.
Le sort du manuscrit consacré aux gangs en Haïti reste donc incertain. Avant d’envisager sa publication, l’éditeur entend discuter avec Thélyson Orélien.
La Rédaction










