Les solutions durables à la crise sécuritaire en Haïti devront être portées par les Haïtiens eux-mêmes, malgré l’appui de la communauté internationale, a déclaré jeudi le chargé d’Affaires des États-Unis en Haïti, Henry T. Wooster, à l’occasion de sa conférence de presse d’adieu à Port-au-Prince.
Selon le diplomate américain, l’assistance internationale peut offrir aux autorités haïtiennes « du temps et de l’espace » pour faire face à la violence des groupes armés, mais le rétablissement de la sécurité dépendra avant tout de la capacité des institutions nationales à reprendre le contrôle du territoire.
« Si le soutien international permettra à Haïti de gagner du temps et de l’espace, les solutions à long terme doivent être dirigées par les Haïtiens eux-mêmes. Les forces de sécurité haïtiennes doivent retrouver leur capacité à défendre leur territoire et à faire respecter l’état de droit », a déclaré Henry Wooster.
Washington met notamment en avant le programme P4000, financé par le Département d’État américain, qui prévoit le recrutement et la formation de 4 000 nouveaux policiers d’ici au début de l’année 2027. Cette initiative vise à renforcer les effectifs de la Police nationale d’Haïti (PNH), confrontée depuis plusieurs années à une montée en puissance des gangs armés qui contrôlent une partie importante de la capitale et de plusieurs axes routiers du pays.
Le diplomate a également annoncé une évolution dans la coopération militaire entre Washington et Port-au-Prince. Selon lui, le Congrès américain a levé des restrictions datant de plusieurs décennies qui limitaient la coopération avec les Forces armées d’Haïti (FAd’H). Il a indiqué que le gouvernement haïtien faisait désormais du développement des capacités militaires une priorité, avec de nouvelles campagnes de recrutement, de formation et de déploiement attendues dans les prochains mois.
Les déclarations de Henry Wooster interviennent alors que la Force de supression des gangs poursuit son déploiement pour soutenir la PNH dans ses opérations contre les groupes armés. Les États-Unis figurent parmi les principaux bailleurs de cette mission, tout en affirmant que l’objectif reste de permettre aux institutions haïtiennes d’assurer elles-mêmes la sécurité du pays à long terme.
Au cours de cette même conférence de presse, la dernière avant son départ pour le Kenya où il doit occuper le poste d’ambassadeur des États-Unis, Henry Wooster a également réaffirmé le soutien de Washington au processus politique en Haïti. Il a appelé à l’organisation d’élections crédibles une fois les conditions sécuritaires réunies, tout en soulignant que le choix des futurs dirigeants revenait exclusivement aux électeurs haïtiens.
Les propos du diplomate reflètent la position constante de Washington, qui privilégie une stratégie combinant assistance internationale, renforcement des capacités de la PNH et des FAd’H, ainsi que rétablissement progressif des institutions haïtiennes, dans un contexte où le pays continue de faire face à l’une des plus graves crises sécuritaires de son histoire récente.
Jacky Chéry







