Une attaque meurtrière des gangs au début de cette semaine à Gros-Morne, dans le département de l’Artibonite, ont contraint environ 8 450 personnes à fuir leur domicile, révèle un rapport de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM). D’après le document publié ce jeudi 8 octobre 2026, la plupart ont trouvé refuge auprès de familles d’accueil, tandis que les affrontements auraient fait au moins dix morts, selon des sources locales.
Dans son rapport actualisé après les offensives, l’OIM estime à 8 486 le nombre de personnes déplacées, réparties dans 2 011 ménages. Parmi elles, 99 % ont été accueillies par des familles, tandis que les 1 % restants se sont installés sur un site aménagé après les violences. Cette nouvelle vague de déplacements aggrave les difficultés des communautés déjà confrontées à l’insécurité.
Les violences ont principalement touché Péletier, Carnifice et le centre-ville, dans la troisième section communale de Rivière Blanche. Les localités de Kamas, dans la sixième section de Savane Carrée, et de Dosny, dans la septième section de Moulin, figurent également parmi les zones affectées. Selon l’OIM, 66 % des personnes déplacées ont trouvé refuge dans la commune de Gros-Morne et 26 % aux Gonaïves.
Cette violente attaque attribuée au gang « Kokorat San Ras » a fait au moins 11 morts et plusieurs blessés par balle, selon Amnesty International.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, après les événements, la Force de Répression des Gangs (FRG) affirme que ses soldats ont essuyé des tirs alors qu’ils patrouillaient à Gros-Morne. La GSF indique avoir riposté, faisant trois blessés parmi les membres présumés du gang, tandis que les autres auraient pris la fuite. Elle précise qu’aucun de ses soldats n’a été blessé lors de l’incident.
La GSF affirme également que ses soldats sont restés sur place pour surveiller la situation avant de regagner leur base aux Gonaïves. Selon les informations qu’elle dit avoir recueillies, des membres du gang auraient attaqué des civils après le départ de ses troupes. La force a condamné ces attaques ainsi que toute forme de violence contre la population.
L’Artibonite de plus en plus touchée par les déplacements
La situation à Gros-Morne s’inscrit dans une détérioration plus large de la sécurité dans l’Artibonite. Selon les données citées dans le rapport, le nombre de personnes déplacées dans ce département a augmenté de 16 % entre mai et août 2026. Certaines zones, auparavant considérées comme des lieux de refuge pour les familles fuyant les violences ailleurs, sont désormais confrontées à leur propre insécurité.
À l’échelle nationale, la dernière évaluation de l’OIM recense près de 1,5 million de personnes déplacées à l’intérieur du pays. Près de 80 % d’entre elles vivent désormais en dehors de Port-au-Prince, signe de l’extension des déplacements vers d’autres régions. Pour les familles de Gros-Morne, la fuite ne garantit pas pour autant un retour rapide à la sécurité la plupart doivent compter sur l’accueil de proches pour trouver un abri.
La Rédaction








