Le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé, mercredi 14 octobre 2026, de prolonger d’un an les sanctions concernant Haïti. Adoptée par 14 voix, la résolution maintient l’embargo sur les armes, l’interdiction de voyager et le gel des avoirs des personnes visées. La Russie s’est abstenue.
Présenté par les États-Unis et le Panama, la résolution 2653 prolonge également de treize mois le mandat du Groupe d’experts chargé d’assister le comité des sanctions. Des exceptions restent prévues pour les armes, les équipements et l’assistance destinés au gouvernement haïtien, lorsqu’ils contribuent à la paix et à la sécurité.
La représentante permanente adjointe des États-Unis auprès de l’ONU, Jennifer Locetta, a salué cette décision, estimant qu’elle envoyait un message fort de soutien au peuple haïtien. Elle a rappelé que les dérogations prévues par le texte permettent notamment de fournir au gouvernement haïtien des armes et du matériel, ainsi que l’assistance et la formation nécessaires, à condition que ces apports servent à promouvoir la paix et la sécurité.
L’ambassadeur du Panama auprès des Nations unies, Eloy Alfaro de Alba, a pour sa part insisté sur la nécessité de maintenir l’engagement de la communauté internationale. Selon lui, l’adoption de cette résolution ne suffit pas à répondre aux différentes dimensions de la crise haïtienne, qui exige une attention soutenue du Conseil de sécurité et des États membres.
Le renouvellement des sanctions intervient alors que les gangs armés continuent de représenter un défi majeur pour la sécurité en Haïti. Le dernier rapport du Groupe d’experts décrit notamment l’évolution de l’arsenal dont disposent ces groupes et l’étendue de leurs circuits d’approvisionnement.
Selon le document, les fusils de calibre 5,56 × 45 mm ont progressivement remplacé certaines armes plus anciennes. Les calibres 7,62 × 39 mm et 7,62 × 51 mm sont également de plus en plus présents. Le rapport signale par ailleurs l’apparition de fusils de calibre .50 au sein de certains groupes armés, bien que ces armes restent relativement rares.
Entre octobre 2025 et juin 2026, l’analyse de 1 200 cartouches saisies a permis d’établir des liens avec plus de 30 fabricants répartis dans une vingtaine de pays. Ces résultats témoignent de la diversité des sources d’approvisionnement en munitions utilisées par les groupes armés.
L’Artibonite particulièrement préoccupante
Le département de l’Artibonite est l’une des zones où la circulation des armes et les activités des gangs suscitent de vives inquiétudes. Le rapport indique que les groupes Gran Grif et Kokorat San Ras auraient accès à des armes provenant de plusieurs sources : des trafiquants établis à l’étranger, des échanges avec d’autres groupes armés et des détournements présumés dans les stocks de la Police Nationale d’Haïti (PNH).
Le document fait également état de liens présumés entre des acteurs politiques et économiques et certains gangs opérant dans la région. Il rappelle notamment les éléments déjà documentés concernant Prophane Victor et Youri Latortue.
À travers ce renouvellement, le Conseil de sécurité maintient la pression sur les réseaux liés au trafic d’armes et sur les personnes visées par les sanctions. La question de l’approvisionnement des gangs demeure préoccupante, alors que leurs capacités armées continuent de peser sur la sécurité de la population.
Les sanctions reposent sur trois mesures : un embargo sur les armes, une interdiction de voyager et le gel des avoirs financiers des personnes visées. L’embargo prévoit toutefois des exceptions pour les armes, l’assistance et la formation destinées au gouvernement haïtien à des fins de paix et de sécurité.
La Rédaction















