Près de 1,2 milliard de personnes vivent dans la pauvreté multidimensionnelle dans le monde. C’est ce que révèle le rapport 2026 du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et de l’Université d’Oxford, publié le 12 octobre 2026. Pour la première fois depuis 2010, le nombre de personnes touchées est en hausse.
Selon le rapport, le nombre de personnes concernées a augmenté de 51,5 millions par rapport à l’année précédente. Cette hausse s’explique notamment par la croissance démographique et la mise à jour des estimations dans les pays où aucune nouvelle enquête sur la pauvreté n’a été réalisée. Dans 95 pays, l’actualisation des données démographiques a contribué à elle seule à une augmentation de 15,8 millions du nombre estimé de personnes pauvres.
« La hausse de la pauvreté devrait être un signal d’alarme pour le monde entier », a déclaré l’administrateur du PNUD, Alexander De Croo. Pour des millions de personnes, la pauvreté signifie des difficultés à se nourrir, à accéder à l’éducation, à disposer d’eau potable ou à bénéficier de l’électricité.
Les enfants parmi les plus touchés
Les enfants représentent environ 617 millions de personnes vivant dans la pauvreté multidimensionnelle, soit plus de la moitié du total mondial. L’Afrique subsaharienne est la région la plus touchée en nombre, avec 616 millions de personnes concernées, soit 51,4 % de sa population.
Sur les 21 pays où la pauvreté multidimensionnelle est la plus élevée, 18 se trouvent dans cette région. Le Tchad, la République centrafricaine, le Niger, le Burundi et l’Éthiopie affichent les taux les plus élevés. En dehors de l’Afrique subsaharienne, l’Afghanistan, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et le Soudan figurent également parmi les pays les plus touchés.
Après l’Afrique subsaharienne, l’Asie du Sud concentre le plus grand nombre de personnes vivant dans la pauvreté multidimensionnelle. L’Asie de l’Est et le Pacifique comptent 104 millions de personnes concernées, devant les États arabes (51 millions), l’Amérique latine et les Caraïbes (33 millions), puis l’Europe et l’Asie centrale (1,2 million).
Le rapport relève toutefois des progrès. Sur les 89 pays disposant de données comparables permettant de suivre l’évolution de la pauvreté, 33 ont réduit de moitié leur niveau de pauvreté multidimensionnelle en moins de quinze ans. L’Égypte, le Népal et le Tadjikistan ont notamment enregistré une baisse du taux de pauvreté et du nombre de personnes touchées.
Haïti absent du top 20 des pays les plus touchés
L’absence d’Haïti ne signifie pas que la pauvreté y est moins importante. Le pays ne figure pas dans cette édition, car les données disponibles ne répondent pas aux critères de comparabilité retenus pour calculer l’indice. Le rapport ne fournit donc pas d’estimation permettant de mesurer la pauvreté multidimensionnelle en Haïti selon la même méthode que dans les 108 pays étudiés.
Cet indice ne se limite pas aux revenus. Il mesure les privations dans trois domaines : la santé, l’éducation et les conditions de vie. Dix indicateurs sont pris en compte, notamment la nutrition, la fréquentation scolaire, l’accès à l’eau potable, à l’électricité et à un logement adéquat.
En Haïti, des millions de personnes vivent dans la pauvreté
Les données disponibles dressent néanmoins un tableau préoccupant de la situation haïtienne. Plus de 6 millions de personnes vivent avec moins de 2,41 dollars par jour, tandis que plus de 2,5 millions disposent de moins de 1,23 dollar quotidiennement et vivent dans l’extrême pauvreté.
Cette situation s’inscrit dans un contexte marqué par des années d’instabilité politique, la faiblesse des institutions, les catastrophes naturelles et les crises économiques successives. En 2024, l’économie haïtienne s’est contractée pour la sixième année consécutive. La violence des gangs armés a également contraint de nombreuses familles à fuir leur domicile et aggravé leurs conditions de vie.
En juin 2025, plus de 1,3 million de personnes étaient déplacées à l’intérieur du pays. L’insécurité alimentaire touche elle aussi une part importante de la population : environ 5,4 millions d’Haïtiens étaient confrontés à une situation d’insécurité alimentaire aiguë, selon les données disponibles.
Les inégalités économiques accentuent ces difficultés. Les femmes et les jeunes figurent parmi les groupes les plus exposés aux conséquences de la pauvreté. Selon les chiffres cités, le 1 % des Haïtiens les plus riches détient autant de richesses que les 45 % les plus pauvres.
Malgré une baisse du taux de pauvreté depuis 2000, celle-ci reste largement répandue dans le pays. Les chiffres disponibles témoignent de l’ampleur des difficultés, mais ne permettent pas de comparer directement Haïti aux pays couverts par le rapport 2026.
La Rédaction















