Le Conseil Électoral Provisoire (CEP) a recensé 878 217 électeurs inscrits au 23 octobre 2026. Deux ans après son installation, l’institution poursuit les préparatifs des prochaines élections générales, entre enregistrement des électeurs, réception des candidatures et mesures de sécurité.
Dans une note de presse publiée le 25 octobre, le Conseil présente les avancées enregistrées et les étapes qui restent à franchir. Selon ses données, 1 306 centres d’inscription et de vote sont opérationnels à travers le pays. Quelque 2 853 agents du registre électoral et 4 643 agents de sécurité électorale participent aux opérations.
L’inscription des électeurs a débuté le 20 juillet dans neuf départements, avant de s’étendre à l’Ouest le 30 juillet. En parallèle, le CEP mène des activités d’éducation civique dans les marchés publics et les établissements scolaires, notamment dans l’Ouest et le Sud.
Plus de 4 500 candidats enregistrés aux postes électifs
Sur le volet des candidatures, le CEP fait état de 4 577 dossiers enregistrés pour les différentes fonctions électives. Les femmes représentent 27,7 % de l’ensemble, selon les données préliminaires de son tableau de bord.
Le Conseil avait agréé les partis et groupements politiques le 9 juillet 2026. Il a ensuite organisé, le 19 août, le tirage au sort pour l’attribution des numéros de campagne. La plateforme d’enregistrement des candidatures a ouvert le 20 août, et la période d’inscription doit prendre fin le 31 octobre.
Par ailleurs, des rencontres ont eu lieu avec les acteurs politiques autour des modifications du décret électoral. Le Conseil doit désormais poursuivre le traitement des dossiers dans le respect des dispositions prévues.
La sécurité, l’obstacle aux scrutins
La tenue des élections dépend aussi des conditions de sécurité dans le pays. Le 13 octobre, le CEP a rencontré le Premier ministre, des représentants des Forces armées d’Haïti, le ministre de la Défense, la Police nationale d’Haïti (PNH) et la Force de répression des gangs (FRG).
Les discussions ont porté sur les mesures nécessaires à la sécurité des prochains scrutins. Le Conseil indique également avoir mis en place ses structures départementales et communales, évalué les centres de vote et formé du personnel électoral.
Le 17 septembre, plus de 1 000 commissaires au droit électoral ont suivi une formation sur le contentieux électoral.
Un calendrier électoral réaménagé attendu
Malgré ces avancées, plusieurs étapes restent à franchir. Les consultations avec les acteurs politiques et ceux de la société civile, organisées du 19 au 23 octobre, devaient contribuer à l’adoption d’un calendrier électoral réaménagé.
Le CEP prévoit aussi de recruter et de former les superviseurs et les membres des bureaux de vote. La finalisation de la liste électorale, l’acquisition du matériel électoral et la mise en place des bureaux de tabulation figurent également parmi les travaux à réaliser.
Installé le 18 octobre 2024, le Conseil poursuit, en outre, sa collaboration avec plusieurs partenaires nationaux et internationaux. Il cite notamment le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), l’Organisation des États américains (OEA), la CARICOM et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
La participation de la diaspora à l’étude
La participation des Haïtiens vivant à l’étranger figure également parmi les dossiers examinés par le CEP. L’institution indique avoir effectué des missions au Chili, au Canada, au Brésil, en France et aux États-Unis.
Ces démarches alimentent sa réflexion sur une éventuelle expérience pilote permettant à la diaspora de participer aux élections. Le Conseil n’a toutefois pas annoncé, dans cette note, de décision définitive sur sa mise en œuvre.
Deux ans après son installation, le CEP poursuit donc ses préparatifs, avec plusieurs chantiers encore ouverts. L’adoption d’un calendrier électoral réaménagé, les conditions de sécurité et l’achèvement des opérations électorales restent parmi les principales étapes attendues.
Sur le plan légal, le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé a adopté, en Conseil des ministres le 5 octobre 2026, une troisième version du décret électoral. Le texte a été publié le lendemain dans le journal officiel Le Moniteur. Cette nouvelle version s’inscrit dans un processus électoral marqué par plusieurs ajustements du cadre légal et du calendrier, qui ont retardé son avancement.
La Rédaction















