Le président salvadorien Nayib Bukele accuse certains Haïtiens de contribuer à la violence qui ravage leur pays. Dans un message publié en créole sur son compte X, ce mardi 3 novembre 2026, il leur reproche de financer les gangs armés, de leur fournir des armes et de faciliter leurs activités. Pour expliquer son point de vue, il revient sur l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines et les trahisons qui ont marqué l’histoire d’Haïti.
Dessalines et la trahison au cœur du message de Bukele
Selon Bukele, Dessalines a été trahi par des hommes qui partageaient ses origines et parlaient la même langue que lui, mais ne défendaient pas les mêmes valeurs. Il estime que cette forme de trahison se retrouve encore aujourd’hui chez certains Haïtiens qui, selon lui, privilégient leurs intérêts personnels au détriment du pays.
Le président salvadorien reconnaît que des étrangers ont participé au pillage d’Haïti. Mais il affirme que des Haïtiens ont également collaboré avec eux, notamment dans le trafic de drogue, la fourniture d’armes et le contrôle de certains territoires. Il estime que cette complicité a largement contribué aux souffrances de la population.
« Pensez-vous que ces étrangers auraient pu faire tout cela sans leur aide ? », demande-t-il. Il évoque les armes utilisées contre les habitants, les personnes tuées et les familles contraintes de fuir leurs maisons. Pour lui, les responsabilités dans la crise ne se trouvent donc pas uniquement à l’étranger.
Nayib Bukele assure que le Salvador entend rester aux côtés d’Haïti dans la lutte contre les gangs. Il précise toutefois que son pays ne vient pas en conquérant. Il appelle les Haïtiens à se mobiliser et à reprendre le contrôle de leurs communautés.
« N ap la menm bò kote nou. N ap ede nou reprann peyi nou anba men trèt ki trayi eritaj Dessalines yo », écrit-il. Le président termine son message en affirmant qu’Haïti finira par retrouver sa liberté.
Des hélicoptères salvadoriens signalés au-dessus de Croix-des-Bouquets
Dans une autre publication sur X, Nayib Bukele a fait état d’une attaque contre des soldats tchadiens de la Force de Répression des Gangs (FRG) en Haïti. Selon son récit, les militaires salvadoriens sont rapidement intervenus pour repousser les assaillants, avec l’appui d’hélicoptères d’attaque. « Les gangs n’ont plus l’avantage », a-t-il écrit.
Parallèlement, un hélicoptère de la force salvadorienne a été aperçu au-dessus de Croix-des-Bouquets. Des tirs provenant de l’appareil ont été entendus et des étincelles ont été observées dans le ciel, selon les informations rapportées.
Les militaires salvadoriens poursuivent leurs opérations en Haïti. Ils participent notamment aux recherches pour retrouver les quatre ressortissants de leur pays retenus en otage par des gangs armés.
L’ONU distingue les troupes salvadoriennes de la FRG
Le porte-parole du secrétaire général des Nations Unies a également apporté des précisions sur le nombre de soldats salvadoriens présents en Haïti. Selon des informations rapportées par la presse, plus de 2 000 militaires auraient été déployés dans le pays à la fin du mois d’octobre, avec l’accord de Washington. Leur nombre pourrait atteindre 2 500. Nayib Bukele présente cette opération comme une mission destinée notamment à retrouver ses quatre compatriotes.
Mais tous ces soldats ne font pas partie de la Force de Répression des Gangs (FRG), autorisée par le Conseil de sécurité en septembre 2025. Le porte-parole de l’ONU précise que la grande majorité d’entre eux n’est pas rattachée à cette mission. Ils ne relèvent donc pas de son mandat ni des mécanismes de suivi du Bureau d’appui des Nations Unies en Haïti (UNSOH), chargé du soutien logistique et opérationnel à la FRG.
Cette distinction est importante pour comprendre le cadre de la présence militaire étrangère en Haïti. La FRG doit accompagner la Police Nationale d’Haïti (PNH) dans la lutte contre les groupes armés. Son mandat a été prolongé jusqu’au 31 mars 2027, mais ses effectifs restent inférieurs aux 5 500 personnels initialement autorisés.
L’intervention salvadorienne place également Nayib Bukele sous le regard de la communauté internationale. Au Salvador, sa politique de lutte contre les gangs a été accompagnée d’une baisse importante de la criminalité. Elle reste toutefois critiquée en raison des arrestations massives et des nombreuses accusations de violations des droits humains.
La Rédaction












